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Que ma femme avait le droit non pas d'être présumée innocente jusqu'à ce qu’on la prouve coupable au-delà de tout doute raisonnable mais seulement selon la prépondérance des probabilités donnait à l'interprète un motif juridique altruiste pour corrompre toute erreur de la part de ma femme en sa faveur. Un interprète pourrait se demander légitimement si l'éducation publique du membre du tribunal aurait pu le prédisposer contre un accusé n'appartenant pas entièrement aux « deux peuples fondateurs » ou contre les policiers sur la présomption que leur éducation publique aurait pu les préjuger contre ma femme. Nous pouvons supposer avec raison que l’interprète à l’audience d’admissibilité de ma femme aurait pu choisir de présumer la première de ces possibilités comme précaution. Je concède toutefois qu’un juge qui aurait reçu une telle éducation publique pourrait réagir en développant ironiquement des préjugés à l’encontre de tout agent qui, selon lui, pourrait appartenir à l’un des « deux peuples fondateurs ».


Bien que les preuves à ma disposition montrent l'innocence probable de ma femme à l'égard de l'accusation portée contre elle, dans l'hypothèse où l'accusé serait coupable, des facteurs éducatifs, interlinguistiques, constitutionnels, juridiques, interethniques et interpersonnels pourraient inciter un interprète à corrompre une déclaration en faveur d'un accusé et l'amener à aider sans le vouloir une personne coupable à échapper à la justice et à minimiser ainsi la portée d'un verdict de non-culpabilité.